Surmonter les défis de l’engagement des sous-traitants
- roxanneperrier
- 8 mai 2025
- 3 min de lecture
Créer un meilleur partenariat pour réduire les accidents de 1%

L'engagement des sous-traitants en matière prévention est un sujet qui représente un défi de taille, non seulement pour les organisations faisant appel à la sous-traitance mais également pour les sous-traitants eux-mêmes. Après tout, ce sont les travailleurs des sous-traitants qui sont exposés aux risques accrus des tâches et aux taux d’accidents plus élevés des industries faisant appel à la sous-traitance.
De nombreuses solutions ont été proposées au fil du temps pour répondre à cet enjeu. Des lois plus strictes, une meilleure coordination des travaux ainsi qu'une sélection de sous-traitants ayant des statistiques “convaincantes” en matière de prévention. Toutefois, ces solutions peuvent s'avérer insuffisantes si elles ne tiennent pas compte de la nature même des sous-traitants.
Pour rendre le monde du travail plus sécuritaire et réduire les accidents mortels de 1%, l’idée que je vous partage peut paraître simple, mais après des années à voir certaines organisations appréhender les sous-traitants comme de simples exécutants, je propose de plutôt les considérer comme des acteurs à part entière; Des acteurs stratégiques dont les décisions en prévention sont influencées par une multitude de facteurs allant bien au-delà de l’exécution de tâches en échange d’une rémunération. Il est donc essentiel de considérer les sous-traitants comme des partenaires à part entière, des égaux avec qui contracter devient un réel échange plutôt qu’une transaction où une hiérarchie débalancée donne une impression de supériorité au client, laissant le sous-traitant à lui-même ou face à une rigidité ne tenant pas compte de son contexte.
Mes recherches m’amènent donc à requestionner ce qui est fait de la relation de pouvoir entre client et sous-traitant. Bien que certains propriétaires puissent tenter d'imposer leurs activités de prévention, des règles strictes et, lors d’écarts mettre en place des sanctions ou remplacer des sous-traitants non conformes aux bonnes pratiques en santé-sécurité, cette approche est souvent contre-productive. Le changement d'un sous-traitant en cours de projet peut être coûteux et difficile, les plans de redressement sont souvent empreints de négativité et de stress pour tous. Ainsi, plutôt que de renforcer les contrôles bureaucratiques, il est plus efficace d'établir une véritable collaboration basée sur des objectifs communs et un suivi des performances en santé-sécurité et ce, dès les débuts du projet.
Je vous pose donc la question:
Seriez-vous assez audacieux pour requestionner, en équipe avec le sous-traitant vos requis en prévention? C’est-à-dire, seriez-vous prêt à co-construire la démarche de prévention avec un sous-traitant, selon les particularités de son travail et du projet à réaliser en mettant la hiérarchie de côté au profit d’une relation de confiance ?
Laisseriez-vous réellement vos sous-traitant vous proposer de nouvelles façons de faire ou même prendriez-vous le temps de vous asseoir avec eux pour créer de nouveaux standards propres au contexte de chaque projet? Cela demanderait certes une grande flexibilité qui peut paraître compliqué tandis que nous vivons toujours dans un paradigme ou la standardisation est valorisée.
Que cela soit le cas ou non, je vous propose toute de même 3 éléments de base et accessible à considérer pour renforcer le partenariat et favoriser l’engagement des sous-traitants en matière de prévention:
Les ressources dont disposent les sous-traitants, tant humaines que financières, jouent un rôle clé dans leur engagement. Si les délais sont trop serrés ou si les ressources sont insuffisantes pour garantir une présence adéquate sur site, cela peut affecter la capacité à s’engager pleinement en prévention. Les clients ont intérêt à investir conjointement avec le sous-traitant.
Ce que représente le projet pour le sous-traitant. Les projets critiques où les enjeux sont élevés pour le client ont tendance à être mieux planifiés et à bénéficier d’un meilleur engagement et ce, même s’ils incluent des travaux à haut risque. Il en est de même lorsque les travaux requièrent l’expertise pointue du sous-traitant ou représentent un défi stimulant dans la réalisation. Au contraire, pour les projets ou pour certains travaux qui sont moins critiques pour le client, comme lors de certains travaux préparatoires, de nettoyage avant les travaux par exemple ou routiniers pour le sous-traitant, l’engagement peut être réduit. Lorsque ce type de travaux est effectuer, prendre conscience que des ressources ou efforts supplémentaires devraient être déployés.
La culture organisationnelle du client et du sous-traitant influence la décision d’engagement du sous-traitant. Intégrer des éléments culturels dans la sélection des sous-traitants et leur évaluation est une voie intéressante pour déterminer si la prévention fait partie de leur identité professionnelle et donc, s’ils sont enclins à s’engager. Les clients devraient aussi requestionner leur propre culture et l’intégration faite des sous-traitant.
En résumé, pour améliorer l'engagement des sous-traitants en prévention, il est crucial de les considérer comme des acteurs à part entière et non comme des risques eux-mêmes, de comprendre leurs enjeux et de bâtir des relations basées sur la coopération et la confiance. Cette attitude renouvelée constituant un point de départ prometteur pour un changement de paradigme en matière de prévention.







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