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L’art de poser des questions dans nos interactions SST

  • roxanneperrier
  • 29 avr. 2025
  • 3 min de lecture

Depuis plusieurs années, je me laisse guider par une phrase que j’ai faite mienne : 


 « Les meilleurs leaders ne sont pas ceux qui donnent des réponses, mais ceux qui posent de bonnes questions. » 


Pour poser de bonnes questions, il ne suffit pas de connaître l’environnement ou les procédés. Il faut avant tout adopter une posture d’humilité. Et c’est là que réside toute la richesse de nos interactions en santé et sécurité au travail.. 


Humilité et curiosité : des leviers de leadership 

Lors de mes accompagnements, j’observe que beaucoup de dirigeants sont plus à l’aise à donner des réponses qu’à poser des questions. Pourtant, ce que l’on apprend dans une interaction dépend directement du temps de parole accordé à l’autre. Si vous occupez 80 % de la discussion, vous vous privez de 80 % de l’apprentissage possible. 


Dans Humble Inquiry, Edgar Schein définit cette approche ainsi : 

« Poser des questions auxquelles vous ne connaissez pas déjà la réponse, en construisant une relation fondée sur la curiosité et l’intérêt sincère pour l’autre. » 


Cela nous oblige à nous interroger sur notre rôle : avons-nous été promus parce que nous savions parler… ou parce que nous savions écouter et apprendre ? La culture de la performance valorise le fait de savoir et de résoudre, mais aujourd’hui, le leadership s’exerce aussi dans la capacité à comprendre sans imposer, à écouter sans juger. 

Le leader humble cherche à découvrir comment les choses se passent réellement, sans projeter ses propres réponses. Il opte pour la curiosité au lieu du jugement, et reconnaît que ceux qui font le travail sont souvent les mieux placés pour signaler les dérives, améliorer les pratiques, ou identifier des risques. 


Les effets d’un questionnement sincère 

Poser des questions avec humilité permet non seulement de mieux comprendre la réalité terrain, mais aussi de valoriser les employés. Cela envoie un message fort : « Ce que tu sais, ce que tu vis, m’intéresse. » Cette reconnaissance est un puissant moteur d’engagement. 


La curiosité est une posture neutre, contrairement au jugement, souvent perçu comme menaçant. Être curieux, c’est ouvrir un espace d’échange. Juger, c’est le refermer. 


Trois clés pour poser de meilleures questions 

  1. Rester dans une posture d’humilité  Acceptez que vous ne sachiez pas tout. Même avec l’expérience, vous ne connaissez jamais pleinement ce que vit le personnel au quotidien 

 

  1. Poser des questions ouvertes, sans chercher à diriger la réponse  Évitez les formulations biaisées (ex. : « Ne pensez-vous pas qu’il faudrait revoir cette méthode ? ») et privilégiez des questions qui ouvrent la réflexion : 


    • Comment pourrait-on améliorer la sécurité sur cette tâche ? 

    • Quelles sont les difficultés que vous rencontrez avec cet équipement ? 

    • Qu’est-ce qui rend ce travail plus complexe à exécuter ? 

    • Quels risques voyez-vous dans cette opération ? 

    • Les EPI que vous portez sont-ils adaptés à votre réalité ? 

    • Les communications internes sont-elles claires et suffisantes pour vous ? 

 

  1. Parler moins. Écouter plus.  Nous savons déjà ce que nous savons. Ce qui est précieux, c’est ce que l’autre peut nous apprendre. Alors, posons nos questions avec sincérité… et écoutons vraiment les réponses. 


Créer un climat de confiance 

En tant que leaders, nous avons la responsabilité de favoriser un climat où les personnes se sentent en sécurité pour parler, pour signaler des difficultés, pour proposer des idées. Un climat où l’erreur est vue comme une opportunité d’apprentissage, et non une faute. 

Les leaders qui adoptent une posture d’humilité et qui posent de vraies questions sont les catalyseurs de ce type de culture. 

Mais attention : si cela semble simple en théorie, ce n’est pas facile à faire. Demander plutôt que dire, écouter au lieu de répondre, implique un réel travail sur soi. 


En conclusion 

N’hésitez pas à demander du feedback à vos collègues : quelle est votre posture en interaction ? Est-ce que vous laissez assez d’espace à l’autre ? Êtes-vous réellement à l’écoute ? Acceptez aussi de vous faire accompagner dans vos pratiques. Ce sont souvent de petits ajustements qui peuvent faire toute la différence. 


Parce qu’en posant les bonnes questions, vous pouvez ouvrir les bonnes portes. 

 
 
 

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