La rencontre de début de quart: UNE ACTIVITÉ FACULTATIVE ?

Un article de Rémi Sabourin, consultant et Myriam Perrier, Vice-présidente Recherche et Développement.
Récemment, nos collègues et nous-mêmes avons eu la chance d’effectuer plusieurs lectures de situation dans des organisations de petite et moyenne taille.
Ces organisations, les PME, représentent environ 98 % de toutes les organisations au Québec. Elles sont un moteur important de notre économie en engageant approximativement la moitié des Québécois et en générant aussi environ 50 % du Produit national brut (PIB) de la province.
Notre présence auprès de ces organisations aux contextes variés nous a permis de constater tous les efforts fournis par les personnes au sein des PME pour rendre les milieux de travail plus sécuritaires.
Toutefois, un constat transversal à plu sieurs des lieux visités fait l’objet de l’article d’aujourd’hui : la rencontre de début de quart est une activité sous-estimée par plusieurs PME.
Cet article, rédigé exclusivement à partir de nos réflexions humaines en équipe, constitue donc un plaidoyer modeste, mais auquel nous croyons profondément en faveur de la rencontre de début de quart.
Alors, pourquoi? Pourquoi cette activité mérite-t-elle sa place comme activité de choix en prévention?
Un regard sur la santé et l’ambiance
Se rencontrer en équipe, le matin en commençant sa journée ou le soir à l’approche d’une nuit au travail, c’est un coup d’œil sur la condition dans laquelle les personnes arrivent au travail.
Des personnes vivent-elles un stress personnel?
Une pression opérationnelle est-elle palpable dans l’équipe?
Comment les gens interagissent-ils?
Le climat dans l’équipe est-il bon alors que l’on s’ap prête à manipuler du métal en fusion ou des souches bactériennes, à opérer de la machinerie lourde ou à administrer de la médication à des personnes?
Quel que soit le domaine d’activité, la santé mentale et l’ambiance de travail peuvent influencer fortement le travail.
Dans ce contexte, il serait déraisonnable de se priver de la rencontre de début de quart qui est une véritable fenêtre pour détecter quotidien nement des situations avant qu’elles ne deviennent problématiques. Dans l’une des organisations où nous sommes intervenus, un membre de la direction nous racontait sa préoccupation de voir des personnes arriver travailler à 7 h pour en suite opérer des machines à 7 h 01. Le temps de réflexion et d’analyse des risques inhérent à la tâche semble ainsi inexistant.
Amélioration de la communication
Une rencontre dynamique et animée par un gestionnaire de proximité (et non pas par du personnel en prévention (voir notre article sur les partenaires stratégiques si cette question vous intéresse!) permet un échange d’information sur les conditions particulières de la journée qui est plus difficile autrement. C’est offrir de la prévisibilité aux équipes quant à la communication. Ce moment permet entre autres de revenir sur le quart de travail précédent et constitue une activité totalement préventive pour résoudre des problèmes avant même qu’ils ne puissent survenir à nouveau ou s’aggraver dans le quart de travail à venir.
Bien évidemment, la rencontre sert égale ment de revue par rapport aux risques présents, particulièrement les risques mortels dans nos activités quotidiennes. Finalement, les préoccupations des travailleurs par rapport à la prévention sont accueillies dans le cadre de cette rencontre. Si certaines pourront être résolues immédiatement, d’autres nécessiteront un retour éventuellement. Effectuer ce retour est un acte de leadership puis sant que le superviseur peut mettre à profit pour la prévention tout en augmentant sa crédibilité et la confiance au sein de l’équipe.

Contribuer au caractère positif essentiel à une bonne prévention.
Tout d’abord, la rencontre de début de quart permet de souligner les bons coups des personnes en matière de prévention mais aussi en matière de qualité, d’environnement et de production. C’est une manière de rapprocher tous les enjeux sans nécessairement prendre la prévention à part comme c’est souvent le cas dans le cadre des pauses sécurité.
C’est aussi un moment opportun pour remercier un travailleur ou un groupe de travailleurs pour une contribution particulière. Cela envoie un signal très puissant et motive l’engagement. Cela peut prendre plusieurs formes, dont certaines sont extrêmement concrètes. Il pourrait s’agir d’inviter un autre membre de l’équipe comme un chef d’équipe ou un travailleur à partager une initiative ou un sujet qui lui tient à cœur : cela donne du leadership à cette personne et allège la charge du superviseur tout en amenant dynamisme à la rencontre.
Alors, en conclusion, y croyez-vous à ces rencontres quotidiennes?
Avez-vous des arguments supplémentaires ou des contres-arguments?






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