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L’engagement en prévention : employés et entrepreneurs, tous des acteurs

il y a 3 heures
4 min de lecture

Une réflexion sur l’engagement, la collaboration et la prévention partagée entre employés, dirigeants et entrepreneurs.


Au cours des vingt dernières années, la santé et la sécurité au travail ont connu une évolution marquée vers des approches centrées sur l’humain. Face à un environnement où proliféraient les lois, les systèmes, les règles, les tableaux Excel, les présentations PowerPoint et les outils, mais où les performances demeuraient stagnantes, le monde s’est tourné de nouveau vers l’humain. En cherchant à mieux comprendre les comportements humains, en examinant l’erreur humaine et en reconnaissant l’influence de la culture, les organisations, les chercheurs et les personnes oeuvrant sur le terrain ont cherché à mieux comprendre et intégrer la dimension humaine dans leurs pratiques.


L’engagement est alors devenu un enjeu important. Certaines organisations ont demandé à leurs employés de prendre, dès l’embauche, un engagement formel envers la prévention, tandis que d’autres ont tenté de forcer l’engagement des dirigeants par des signatures et des politiques, comme si l’humain pouvait être motivé par des menaces légales ou administratives ou par la simple formalisation de documents.


Notre expérience combinée chez Groupe-conseil Perrier, notre président ayant consacré quarante ans à accompagner des organisations et leurs leaders à travers le monde, moi-même ayant consacré le début de ma carrière à l’étude de l’engagement des entrepreneurs nous amène à une idée centrale : les leaders à tous les niveaux de l’organisation, qu’il s’agisse des travailleurs, des gestionnaires ou des dirigeants, sont des acteurs stratégiques qu’il convient de considérer à part entière.


Cela implique que leur engagement ne peut être forcé. S’engager ou non est une décision, motivée par plusieurs enjeux et différentes motivations. Si nous acceptons cette idée, qui n’est d’ailleurs pas nouvelle et qui trouve notamment ses racines dans les travaux de Michel Crozier et Erhard Friedberg dans L’acteur et le système, publié en 1977, nous pouvons alors nous en servir pour faire progresser la prévention.


La question devient donc : « Que faut-il faire concrètement? »

Notre réponse : le partenariat.


C’est dans le partenariat entre les acteurs que réside une réponse puissante au défi de l’engagement. Le partenariat favorise les efforts discrétionnaires, l’émergence d’idées créatives et la volonté d’accomplir des tâches difficiles, complexes ou exigeantes, tout en donnant le meilleur de soi sur les plans technique, de la préveCention et de la qualité.


Avant de revenir à notre proposition de partenariat, une question doit toutefois être soulevée.


Une question essentielle

Les initiatives visant à remettre l’humain au centre de la prévention ont considérablement progressé au sein des organisations, et il faut s’en réjouir. Mais tous les acteurs ont-ils réellement été considérés dans ces démarches?


Les entrepreneurs et les sous-traitants bénéficient-ils de la même attention que les employés?


Dans bien des cas, la réponse est non.


Point clé : les approches centrées sur l’humain doivent aussi inclure les entrepreneurs et les sous-traitants, qui jouent un rôle déterminant dans la prévention.


C’est pourquoi nous proposons d’élargir véritablement les approches centrées sur l’humain à toutes les formes de relations contractuelles. Dans le secteur de la construction, l’un des plus dangereux au monde, cela signifie aborder la prévention par une véritable démarche de collaboration entre tous les acteurs.


Le partenariat avec les sous-traitants

Sur l’axe vertical se trouve l’attitude du client ou du propriétaire. Au sommet se trouve celui qui fonde son action sur la hiérarchie, impose ses règles et ses structures de prévention et se positionne comme supérieur aux entrepreneurs. À l’autre extrémité se trouve le client ou propriétaire passif, qui considère avoir externalisé la prévention au même titre que les travaux et qui ne s’implique pas.


Au centre se trouve plutôt le client ou propriétaire qui considère les entrepreneurs comme ses égaux. Il maintient les systèmes auxquels il accorde de la valeur, tout en demeurant ouvert à leur expertise et disposé à travailler en collaboration avec eux.


Sur l’axe horizontal se trouve l’entrepreneur et son niveau d’engagement. À gauche se trouve l’entrepreneur désengagé, mais conforme, qui attend les directives et fait preuve de peu d’initiative. À droite se trouve l’entrepreneur engagé, qui possède ses propres objectifs, ambitions et pratiques en matière de prévention.


Chaque combinaison entre l’attitude du client et le niveau d’engagement de l’entrepreneur façonne la prévention de manière différente, et le visuel permet de mettre en évidence ces différentes dynamiques.


La zone verte représente l’espace où clients et entrepreneurs se rencontrent sur un pied d’égalité et créent ensemble les conditions d’une prévention efficace. La zone rouge, quant à elle, illustre les situations où la prévention en souffre.


Nous vous invitons à constater que les acteurs doivent se rejoindre au centre afin de favoriser l’engagement et de progresser vers cette zone de partenariat, en évitant une bureaucratie excessive, un faux sentiment de contrôle ou encore un manque de coordination entre les différents acteurs

 

Représentation des dynamiques de partenariat en prévention




Conclusion et solutions

En conclusion, nous encourageons les organisations à consacrer le temps nécessaire à la création d’un système de prévention construit en collaboration avec tous les acteurs.

Co-construire la prévention au début de chaque projet en identifiant les façons de travailler privilégiées par les différents acteurs, en tirant des apprentissages des expériences passées et en définissant la fréquence des activités de prévention ainsi que les indicateurs à suivre  permettra de bâtir une prévention adaptée à la réalité du projet avant même que les travaux commencent.

Il s’agit d’une véritable construction en soi, avant même que la construction ne débute.

Rejeter les pratiques de type « copier-coller » et commencer par une seule activité de prévention co-construite peut constituer le point de départ d’un engagement plus fort.


Et si vous commenciez par une seule de vos activités de prévention? 

Peut-être découvrirez-vous que cette façon de faire mérite d’être étendue.


Auteurs : Myriam Perrier (VP recherche et développement) et Gérald Perrier (Président-fondateur)


Cet article est la traduction française du chapître rédigé par Myriam et Gérald ayant été publié dans la seconde édition du livre One Percent Safer disponible en anglais.



En tant Ambassadeur canadien du mouvement international One Percent Safer, Groupe-conseil Perrier invite chacun à réfléchir à la place que la santé et la sécurité occupent dans sa vie professionnelle et personnelle, ainsi qu’à la façon dont chacun prend soin de ses proches et de ses collègues. Dans un monde du travail où les humains sont appelés à mieux collaborer et à mieux communiquer, Groupe-conseil croit que la qualité du travail et la performance peuvent contribuer à des environnements sains et sécuritaires.


En savoir plus notre engagement avec le mouvement 1%Safer : One Percent Safer | Groupe Perrier


 
 
 

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