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Impliquer le plus grand nombre pour donner du sens à la sécurité.

Dernière mise à jour : 8 mai




En ce qui me concerne, et au regard de mon expérience et de mon cursus, je dirais que pour réduire les accidents au travail et aller au-delà du « plafond de verre » existant dans de nombreuses industries, il faut d’abord donner du sens à la sécurité en évitant qu’elle soit seulement vécue comme une contrainte qui « coûte, mais ne rapporte rien ». 

 

Cette vision doit être portée au plus haut dans l’organisation afin « d’entraîner » et de convaincre le plus grand nombre et cela débute souvent par un état des lieux, sous forme de diagnostic, dans l’entreprise.  


Il est à constater que très souvent la SST est d’abord fortement influencée/ incitée, notamment, par le principe de la responsabilité pénale (et même civil), de la pression des IRP et du coût pour l’entreprise que représentent les accidents. Ces trois facteurs « d’influences », que l’on comprend par ailleurs, ne sont pas dans une dynamique à forte valeur ajoutée sur ces sujets, car partir du postulat « ne pas faire de la sécurité peut nous coûter cher » ne crée pas le terreau d’une sécurité durable et partagée par l’ensemble du collectif.


Comment mieux faire ?

Quelle est la variable de progression ?

Je dirais qu’il faut d’abord changer de paradigme et se poser la question autrement ; par exemple : qu’est-ce qu’un bon niveau de sécurité peut apporter à l’entreprise ? En créant les conditions, inhérentes aux réponses à cette question, on donne du sens et du poids à la démarche, ce qui a pour principale vertu d’engager le plus grand nombre. Il est également intéressant d’interroger le collectif sur sa vision sécurité, ses attentes, comment il perçoit la sécurité, comment mieux faire selon lui, quelles sont ses difficultés au quotidien, afin d’en tirer les leçons et de mettre en place les outils, formations, démarches appropriées tout en transformant les paroles en actes concrets et visibles. 

 

La formation, justement, est essentielle mais doit avoir le « bon » fond et la « bonne » forme surtout en SST. Il faut qu’elle soit participative et qu’elle implique le plus grand nombre tout en donnant du sens à la démarche par une approche sincère, appropriée et claire. Elle aide, également et quand elle est bien réalisée, à la prévention des risques par la sensibilisation et l’implication du personnel qui va jusqu’à l’élaboration de certaines parties/ certains ateliers de ladite formation. Ces formations sont des éléments clé pour assurer la sécurité des employés sur le lieu de travail. Elles doivent viser à sensibiliser les employés et les employeurs aux risques liés à leur environnement de travail, ainsi qu’à promouvoir des pratiques sûres et conformes aux réglementations en vigueur. Il faut que ces démarches soient portées au plus haut, avec la volonté de tous et les moyens consacrés en conséquence. 

 

La culture juste reste un incontournable pour progresser en sécurité et pourtant elle n’est pas la norme dans beaucoup d’industrie du fait des changements de philosophie qu’elle impose, du coût qu’elle représente et du temps qu’il faut pour atteindre le « point de maturité » avec des effets visibles, notamment au regard du silence organisationnel. Pourtant, pour un salarié, quel qu’il soit, il est rassurant de pouvoir anticiper la réaction de sa hiérarchie en cas d’initiative ou d’erreur et cela participe, également, à maintenir une bonne conscience du risque dans le collectif de travail. Pour cela, il faut impulser des règles d’or/des incontournables à ne pas franchir, reconnaître les contributions positives, avoir une politique de sanctions juste et équitable et créer les conditions de la confiance afin de libérer la parole. Pour réussir dans cette démarche, il est également indispensable de fluidifier les conditions du dialogue entre la direction et les salariés et permettre la co-construction à toutes les étapes, car la culture juste, qui a des effets plus que bénéfique en SST, a également énormément à apporter au bon fonctionnement de l’organisation.  

 

En conclusion, dans toutes les démarches mises en place ou en devenir, considérer l’homme comme la variable positive et essentielle de progrès et non comme une contrainte est la clé : c’est, selon moi, comme cela que l’on continuera de réduire les accidents au travail. 

 

« Nous avons passé plus de cinquante ans à nous occuper du matériel, qui est maintenant assez fiable ; il est temps à présent de nous occuper des gens » - Amiral Donald Engen 

 

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